Ce qu’utilisent les boutiques
Dans le crawl public HTTP Archive d’août 2026, nous avons relevé les outils d’e-mail chargés sur la page d’accueil de 706 482 boutiques Shopify et 74 248 boutiques PrestaShop.
| Outil | Shopify | PrestaShop |
|---|---|---|
| Klaviyo | 21,8 % | 2,1 % |
| Mailchimp | 8,8 % | 2,3 % |
| Omnisend | 3,4 % | 0,4 % |
| Privy | 1,6 % | |
| Brevo (ex-Sendinblue) | 1,3 % | 6,0 % |
| Mailjet | 0,4 % | 3,9 % |
Sur PrestaShop, les deux premiers outils sont nés en France. Le bloc newsletter livré avec PrestaShop n’apparaît pas dans ce relevé : une boutique qui collecte des adresses sans outil tiers n’est pas comptée. Le classement complet des applications Shopify se trouve dans notre article sur les applications Shopify les plus installées en 2026.
1. Le formulaire en pied de page
Le champ « Inscrivez-vous à la newsletter » en bas de page est livré avec la plupart des thèmes PrestaShop et Shopify. Il ne demande aucune installation et ne gêne pas la lecture. Seuls les visiteurs qui descendent jusqu’au pied de page le voient. Les études citées plus bas ne le mesurent pas : elles ne portent que sur les fenêtres.
2. La fenêtre de bienvenue
La fenêtre qui s’ouvre à l’arrivée sur le site, souvent avec une remise sur la première commande, est le format le plus étudié.
| Étude | Échantillon | Taux d’inscription moyen | Avec remise | Sans remise |
|---|---|---|---|---|
| Wisepops, publiée le 30 septembre 2025 | environ 1 milliard d’affichages | 4,82 % (6,88 % en e-commerce) | 7,45 % | 4,60 % |
| Omnisend, publiée le 9 février 2026 | 1,24 milliard d’affichages en 2025 | 2,1 % | 2,4 % | 1,7 % |
Le taux d’inscription rapporte le nombre d’adresses collectées au nombre d’affichages de la fenêtre. Les deux études mesurent les clients de leur éditeur, avec un écart de 1 à 2,3 entre elles. Klaviyo ne publie pas de moyenne et indique dans son aide en ligne un objectif de 3 % environ.
Google déconseille les fenêtres qui masquent toute la page, et cite les petites bannières d’inscription à la newsletter parmi les formats acceptables (documentation mise à jour le 10 décembre 2025). Une fenêtre qui laisse voir le contenu et se ferme d’un geste reste dans ce cadre.
3. La fenêtre à l’intention de sortie
Elle s’affiche quand le visiteur semble quitter la page, en général quand la souris remonte vers les onglets. Wisepops mesure 3,94 % d’inscription sur ce format, Omnisend 1,8 à 2,1 %. Sur téléphone, sans souris, le déclencheur repose sur d’autres signaux, comme un retour en arrière ou un temps d’inactivité, selon l’outil.
4. La roue de la fortune
Le visiteur saisit son adresse pour faire tourner une roue qui attribue une remise. C’est le format au taux d’inscription le plus élevé dans les deux études : 29,99 % chez Wisepops contre 4,04 % pour une fenêtre classique, 3,5 % chez Omnisend contre 2,0 %. Ces chiffres mesurent l’inscription. Aucune des deux études ne mesure ce que rapportent ensuite les adresses obtenues ainsi.
5. Un contenu envoyé par e-mail
Le visiteur reçoit par e-mail un document qui l’intéresse : guide d’achat, catalogue, fiche technique d’un produit. L’envoi par e-mail vérifie au passage que l’adresse existe, puisque le document n’arrive qu’à une adresse réelle.
Sur PrestaShop, le module product2pdf fonctionne ainsi pour la fiche technique d’un produit. Le visiteur saisit son adresse, coche la case de consentement et reçoit la fiche par un lien de téléchargement. Les clients connectés la téléchargent directement. Chaque demande est listée dans le back-office avec la date du consentement et l’indication que le lien a été cliqué, et s’exporte en CSV (documentation de la capture d’e-mails).
Le RGPD trace une limite sur ce format. Selon les lignes directrices du Comité européen de la protection des données sur le consentement (§ 26 et 32), un consentement exigé pour un traitement qui n’est pas nécessaire au service est présumé ne pas avoir été donné librement. Demander l’adresse pour envoyer le document est nécessaire au service. Conditionner le document à l’inscription à la newsletter ne l’est pas. Ni la CNIL ni le Comité n’ont publié de position sur ce cas précis : cette lecture est la nôtre, tirée de ces textes.
En pratique, le consentement donné pour recevoir un document ne vaut pas inscription à la newsletter. Pour écrire ensuite à un particulier, il faut une seconde case, facultative et non cochée. Auprès d’un professionnel, la règle française est différente (voir plus bas).
6. L’alerte de retour en stock
Sur un produit épuisé, le visiteur laisse son adresse pour être prévenu du retour. Il donne son e-mail pour un produit précis qu’il veut acheter. Dans le rapport 2026 d’Omnisend (150 000 marques, données 2025), les e-mails de retour en stock ont le taux de conversion le plus élevé de tous les e-mails automatiques, à 6,46 %. Le rapport ne précise pas le mode de calcul de ce taux.
Le consentement porte là aussi sur l’alerte. L’inscription à la newsletter demande une case distincte.
7. La case au moment de la commande
Lors de la commande, une case propose de recevoir les offres de la boutique. C’est le seul moment où la loi permet d’écrire à un particulier sans consentement préalable, à trois conditions cumulées (article L34-5 du Code des postes et des communications électroniques) :
- l’adresse a été recueillie lors d’une vente
- les messages portent sur des produits ou services analogues, fournis par la même entreprise
- le client peut refuser gratuitement au moment de la collecte, puis dans chaque message
La CNIL précise qu’une simple création de compte ne suffit pas : il faut une vente.
Ce que dit la loi en France
La CNIL résume les règles sur sa page consacrée à la prospection commerciale par courrier électronique (mise à jour le 10 juin 2026).
- Auprès d’un particulier, le consentement préalable est obligatoire, sauf l’exception client décrite plus haut. Il passe par une case dédiée et non cochée. L’acceptation des conditions générales ne suffit pas.
- Auprès d’un professionnel, la prospection est permise sans consentement préalable si son objet est en rapport avec la profession de la personne. Elle doit être informée de l’usage de son adresse et pouvoir s’y opposer.
- Chaque message identifie l’expéditeur et permet de se désinscrire simplement et gratuitement.
- La double confirmation (un e-mail de validation après l’inscription) n’est pas obligatoire. La boutique doit cependant pouvoir prouver le consentement (Comité européen de la protection des données, lignes directrices sur le consentement, § 104 et 105), et la double confirmation est un moyen d’en apporter la preuve.
En cas de manquement, la DGCCRF peut infliger une amende administrative allant jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. Le 25 juin 2026, le Conseil constitutionnel a jugé ce régime contraire à la Constitution, parce que la CNIL, l’Arcep et la DGCCRF peuvent sanctionner les mêmes faits (décision n° 2026-1210 QPC). L’abrogation est reportée au 31 octobre 2027. D’ici là, une seule autorité peut poursuivre les mêmes faits contre la même entreprise.
Par quelle méthode commencer
Le formulaire en pied de page et la case à la commande ne coûtent rien et existent déjà sur la plupart des boutiques. La fenêtre de bienvenue est le format le plus mesuré, avec un taux d’inscription de 2 à 5 % selon les études. L’alerte de retour en stock collecte des adresses de visiteurs qui veulent un produit précis. Le contenu envoyé par e-mail convient aux catalogues techniques et aux ventes entre professionnels, où un document détaillé intéresse l’acheteur avant sa décision.